SAN SALVADOR

Dimanche 31 Mai

Six voix puissantes, terriennes, connectées, presque chamaniques. Six voix qui chantent un folk tellurique et hypnotique, soutenu par des percussions à l’autorité affirmée. Six voix qui font entendre la langue occitane de l’ouest du Massif Central à travers les festivals de toute l’Europe comme pour rappeler, à une génération élevée aux transes électro, toute une généalogie de ferveurs et de vertiges.

Ce qui explique le triomphe de festival en festival, de ce groupe inclassable et furieusement intemporel. Scène de l’après-midi ou concert en fin de soirée, public estampillé folk ou assemblée de teufeurs, ils percutent les consciences, fascinent, interrogent. On ne sait si l’effet qu’ils produisent est de la même famille que le jazz modal de John Coltrane, l’hypnose du hard tech ou le bain sonore de My Bloody Valentine mais, irrésistiblement, on monte avec eux vers la transe.

Mais il y a autre chose dans la musique de San Salvador, dont on ne sait si c’est inné ou acquis, un héritage ou une création, l’ivresse de la scène ou le génie naturel de la polyphonie : l’auditeur se sent emporté loin dans un ailleurs du temps qui, curieusement, est aussi familier que dépaysant.